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L’image de l’acheteur en décalage avec sa fonction

publié le 02/02/2009

Les étudiants en mastère spécialisé « centre management des achats » de l’ESC Saint-Etienne viennent de réaliser une étude sur la perception des achats dans l’entreprise. Ses résultats traduisent la méconnaissance d’une fonction qui est encore trop souvent considérée comme le bras armé de la réduction des coûts.

79 % des personnes interrogées estiment connaître le métier d’acheteur, et ils sont 68 % à estimer que ce dernier joue un rôle important dans les processus de décision. L’étude réalisée dans une soixantaine d’entreprises par les étudiants en mastère spécialisé Achats de l’ESC Saint-Etienne commence par une bonne note. La suite traduit une perception de la fonction un peu faussée. 48 % des personnes interrogées estiment en effet que le rôle d’un acheteur, c’est d’abord d’acheter en optimisant le triptyque : coût, qualité, délais. Ils ne sont plus que 27 % à mettre en avant la recherche des fournisseurs, et 12 % l’instauration d’un lien privilégié entre les clients internes et ces mêmes fournisseurs. Pour ce qui est de la participation à l’élaboration du cahier des charges, le taux de réponse chute à 3 % !

Si l’on s’intéresse maintenant au profil attribué à l’acheteur, c’est la capacité d’analyse et la curiosité qui arrivent en tête avec 33 %, devant la réactivité (26 %), la rigueur (14 %), la capacité à travailler en équipe et la responsabilité (12 %). Ils ne sont que 2 % à trouver les acheteurs autonomes. La principale difficulté ou contrainte rencontrée auprès des Achats, c’est le manque de connaissance du terrain et de la technique (25 %). Ils sont 19 % à leur reprocher des délais trop longs et un manque de suivi et de disponibilité dans la gestion administrative.

20 % des acheteurs possèdent une formation achats

Lorsque l’on demande aux sondés quel devrait être le profil de l’acheteur demain, c’est une meilleure connaissance et maîtrise du marché qui arrive en tête avec 31 % des réponses, juste devant la recherche d’optimisation (30%), et un ensemble hétérogène qui englobe la formation, la compétence technique des achats et la maîtrise des langues étrangères (29 %). « Le volet formation semble un point sensible si l’on considère que seulement 20 % des acheteurs des entreprises interrogées possèdent un diplôme achats, souligne Lionel Giraud, président de l’association des élèves du centre de management des achats de l’ESC Saint-Étienne. A l’exception des grands groupes où les directions achats sont très structurées avec des professionnels de l’achat, on retrouve ailleurs beaucoup d’acheteurs qui ont intégré le métier au hasard d’une mutation, la plupart du temps depuis la logistique. »

« Beaucoup de gens considèrent encore aujourd’hui les acheteurs comme des empêcheurs de tourner en rond, et que la seule chose qui les intéressent, c’est uniquement le prix, et non la qualité ou la relation avec les fournisseurs », poursuit Lionel Giraud. L’étude semble par contre indiquer que la fonction achats n’est pas confrontée à un problème de légitimité, mais à un manque de connaissances techniques. « Si l’on prend l’exemple du secteur industriel, les clients internes travaillent dans des bureaux d’études et en production. Ils souhaiteraient avoir en face d’eux des acheteurs avec un cursus techniques tel que des ingénieurs. Or, les acheteurs sont de plus en plus focalisés sur l’acte d’achat. Cette incompréhension souligne que les clients internes n’ont pas encore bien compris le rôle de l’acheteur. Il faudra encore beaucoup de communication en interne pour que ce dernier soit plus impliqué à toutes les étapes de l’acte d’achat, dès les phases de conception et de développement des produits », conclut Lionel Giraud.

Yves Rivoal

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